J’ai été élevée à l’école russe qui privilégie un ancrage fort dans le clavier par le mécanisme du transfert du poids. Il s’agit d’utiliser le poids naturel du corps afin que ce dernier soit directement transféré dans les phalangettes des doigts, au contact de la touche. Cette technique permet, à terme, de ne plus se fatiguer en jouant. Elle décuple la mémoire tactile et libère la pensée qui peut alors se concentrer sur l’interprétation.

C’est une école exigeante, qui requiert de la maîtrise et de la décontraction, paradoxe qui n’est qu’apparent car ces deux facettes du jeu se développent en même temps.

Le piano est un art et à ce titre, il sollicite des compétences techniques, mais aussi la mise en œuvre d’une vision artistique. Cela passe par un travail sur les œuvres qui va bien au-delà du déchiffrage pur et simple des notes et du rythme.

Mon approche consiste à sensibiliser l’élève à toutes ces dimensions : technique, artistique, spirituelle.

Je le fais dans une approche décontractée, teintée d’humour.